Les Guerrières Inspirantes – Melissandre Saladin

Hello mes Josette,

A la suite du hashtag #metoo, j’ai été amenée à avoir pas mal de discussions avec des femmes, entrepreneuses ou pas mais avec celles qui le sont, on en venait toujours à parler de la difficulté de Prendre sa place en tant que femme entrepreneuse.

J’ai donc eu l’envie de réaliser l’interview de quelques femmes dans un seul article mais les réponses aux questions que je leur avais données étaient tellement inspirantes que j’ai voulu mettre en lumière les propos de chacune dans un article individuel .

Le thème de la dissertation était:

Prendre sa place en tant que femme, du salariat à l’entreprenariat: fluidité ou même combat ?

Je leur ai donné 3 heures et l’interdiction de copier sur leur voisine. Apeurées par l’idée de se retrouver collées le samedi prochain, toutes ont joué le jeu en répondant aux différentes questions avec authenticité et caractère en bonnes Josette (femmes potenCiellement illimitées) qu’elles sont.

 

 

J’ai choisi d’appeler cette série d’entrevues: les Guerrières Inspirantes non pas parce que je considère que les femmes sont en guerre avec les hommes (bisousssss les hommes) mais parce que Prendre sa Place en tant que femme reste malheureusement un combat toujours d’actualité.

C’est avec une immense joie que j’ai l’honneur de votre présenter (je me crois aux Césars en disant cela et j’my crois à fond, laissez-moi kiffer) la première Guerrière Inspirante: Melissandre Saladin.

Qui es-tu ? Que fais-tu et pourquoi le fais-tu ?

Je m’appelle Mélissandre Saladin, j’ai 27 ans, je suis belge et je suis comédienne de formation.

 

J’ai démissionné de mon poste d’assistante de direction dans une boite de production de ballets, il y a 8 mois, pour me consacrer à mes projets personnels. Je n’étais pas épanouie dans cette boite, car le directeur était un homme, âgé d’une soixantaine d’années, qui rythmait mes journées avec du sexisme ordinaire, envers moi ou d’autres femmes. Il ne prenait pas en compte mes compétences, je pense même qu’il ne les voyait pas. Il discréditait ce qui venait des femmes, et des jeunes… J’étais le combo parfait des deux. Je suis finalement partie un jour où il a voulu m’infantiliser encore plus.

J’ai créé « Les Ateliers Chrysalide », des ateliers d’art thérapie énergétique, réservés aux femmes. Ces ateliers sont un gros melting pot de choses que j’ai pu vivre (et qui m’ont fait du bien) lors de mes études en art dramatique au Conservatoire, lors de projets théâtre auxquels j’ai participé, et de spiritualité: méditation, visualisation. Je prodigue également des soins reïki « express » durant l’atelier, je n’en parle pas, mais je mets mon côté guérisseuse à disposition des femmes qui ont quelque chose qui m’appelle lors de ces ateliers.

 

J’ai décidé de me lancer là dedans car j’avais besoin de mettre du sens sur mon existence, parce que quelque chose m’appelait. J’ai voulu créer un espace réservé aux femmes afin qu’elles puissent (re)mettre de la valeur sur qui elles sont, se reconnecter à leur essence, à leur corps, et s’apporter de l’amour sincère et pur, une bienveillance absolue.

Je voulais également créer quelque chose qui (ré)unisse les femmes entre elles.

Et c’est un pari gagné 🙂

 

Dans ton activité, accompagnes-tu des hommes et des femmes ou seulement des femmes ? Pourquoi ce choix ? Quelles différences entre les hommes et les femmes as -tu observé en accompagnant les deux ?

 

J’accompagne uniquement des femmes pour l’instant.

Quand je parle de mes ateliers aux hommes, ils me demandent tous « pourquoi uniquement pour les femmes? » « est-ce que ça existe aussi pour hommes? »

Vu ces réflexions, je me suis dit que je pourrais le développer pour les hommes également, mais la démarche est selon moi tout à fait différente, et je ne ressens pas encore la nécessité personnelle d’offrir cet espace aux hommes. Je suis en plein dilemme en fait.

J’ai décidé, à la base, de n’accompagner que les femmes car nous sommes bafouées dans cette société patriarcale.

Les femmes sont sans cesse sollicitées, appelées à répondre à des injonctions (que les hommes commencent seulement à subir eux aussi), des appels à la perfection.

Aussi, notre inconscient nous pousse à séduire constamment. C’est-à-dire que depuis toutes petites, nous sommes amenées à devoir être belles, à plaire (pour avoir/ressentir que l’on a de la valeur). Et surtout: à ne pas déplaire. Ne pas parler trop fort, ne pas être en désaccord, ne pas se faire remarquer, ne pas exprimer nos colères, nos rêves, nos AMBITIONS. Je crois que les femmes ambitieuses font peur.

On nous considère comme des trophées, on s’approprie notre corps, via les médias (publicités, etc) et les hommes, la plupart du temps sans s’en rendre compte, sans vouloir l’admettre, nous considèrent comme des objets, des trophées, des choses à « entretenir ». Les hommes ont sur leurs épaules le poids de l’homme de famille qui doit tout gérer, subvenir aux besoins de ses enfants et de sa femme, il doit être celui qui amène la solution. C’est inscrit en eux. Ils prennent donc (inconsciemment) la posture de dominant, et par conséquent, relèguent la femme à la place de dominée/soumise.

Les codes sont en train de changer, ce qui crée beaucoup de chamboulements intérieurs, autant chez les femmes que chez les hommes.

Je n’accompagne aujourd’hui que les femmes, car selon moi, l’égalité est loin d’être acquise. J’accompagnerai les hommes le jour où j’estimerai avoir « assez » élagué, assez apporté aux femmes. Peut-être le jour où j’en voudrai moins aux hommes de laisser de vieux mécanismes se perpétuer sous prétexte que c’est plus confortable pour eux 😉

Je veux que les femmes prennent confiance en elles, se rendent compte qu’elles sont tout aussi capables que les hommes de réaliser des choses, d’entreprendre, de mener la barque. Que les femmes prennent conscience de leur pouvoir, de leur potentiel qui, pour moi, est plus riche que celui des hommes. (Je ne m’exprime pas comme ça au quotidien car j’ai beaucoup d’amour et de respect pour les hommes, mais c’est ce que je pense profondément).

La femme est confrontée à des injustices depuis toujours, et a, par essence, la vie plus rude que celle des hommes: nous sommes « le péché originel », nous sommes « la faute ». Nous sommes bafouées, et pourtant nous sommes celles qui donnent la vie, celles en qui la vie nait. Celles qui subissent leurs règles tous les mois, les perturbations hormonales, émotionnelles, celles qui accouchent.

Nous vivons dans la souffrance. Après on la gère comme on veut, mais c’est une condition de notre existence. Je crois que nous avons une plus grande résistance à la douleur, une plus grande force mentale, une intelligence plus aiguisée car elle est mentale et émotionnelle.

Je pense que nous sommes des cadeaux, pour nous même et pour le monde, et c’est pour cela que je me focalise aujourd’hui sur les femmes. Il est important que nous prenions notre juste place.

J’ai lu ce matin :

«  tant que l’humanité n’apprendra pas à respecter les femmes, il n’y aura pas de paix »

Je commence donc par guider les femmes sur le chemin du respect et de l’amour de soi.

Pour le reste… On verra 😉

Penses-tu qu’il aussi simple d’entreprendre en étant une femme qu’un homme ?

 

Non, pour moi il est évident que non.

Lorsqu’on est une femme se pose la question de la légitimité. « Est-ce que j’ai le droit de prétendre à faire cela? » « En ai-je les capacités? »

Depuis notre enfance, on valorise notre beauté ou notre charme, et rarement nos capacités, notre courage, notre persévérance etc comme on le fait pour les garçons.

On doit donc beaucoup plus puiser en nous, développer une confiance aveugle en nous, en nos capacités. Pour moi, on part de plus loin que les hommes. Ce n’est pas pour autant qu’on a moins de chances d’y arriver, mais je crois qu’il nous faut d’autant plus de courage, de volonté et de motivation. Ca c’est un premier point.

Ensuite, une femme qui entreprend fait « toujours » sourire. C’est un peu déstabilisant. Comme si c’était une lubie, quelque chose qui va lui passer. Alors que pour un homme c’est une preuve de charisme, c’est « impressionnant ».

Et quand les femmes commencent à réussir, souvent on va « plaisanter » sur le fait qu’elle ait (ou non) couché pour réussir. Qui a-t-elle séduit pour y arriver? Sur leurs vraies capacités… etc. On va essayer de la discréditer, de minimiser ses réalisations.

Il faudra que la femme inscrive son travail dans le temps et reçoive l’approbation de ses collègues masculins pour acquérir une légitimité. Et je pense que c’est moins marqué chez les hommes.

Quels conseils, quel message veux-tu transmettre à la femme qui a peur de devenir entrepreneuse et à celle qui l’est déjà mais qui a peur de prendre sa vraie place ?

C’est délicat de répondre à cette question car j’oscille encore entre le « Qui suis-je pour proposer ça? » et « Je suis la mieux placée pour proposer ça ».

Je donnerais le conseil que je me donnerais à moi-même sous forme de question: qu’est-ce qui te fait vibrer? qu’est-ce que tu veux apporter au monde?

A partir du moment où tu as ce feu, cette envie, alors ne te fie plus qu’à ça. Ne fais pas attention au jugement des autres, que ce soit tes proches ou des inconnus, n’écoute que ce feu en toi.

Parfois les gens tenteront de te démotiver, ou feront un transfert de leurs propres peurs sur toi. Ils se sentiront bienveillants mais ce n’est pas pour autant que ça t’aidera (sauf si tu prends leurs remarques « négatives », faites de peur, de pessimisme, comme des booster, des challenges à relever.)

Donc, à toi qui désires entreprendre, si ça vient d’un feu en toi, fonce. Ecoute-toi. N’essaye pas de correspondre à ce qui se fait, d’agir comme « il faut », trace ta propre voie. Deviens aventurière. C’est là que ton véritable pouvoir s’exprimera. Aie confiance en ta créativité, et célèbre chaque réussite comme une consécration. Tu as les capacités de réussir, tu le mérites. Tu es bien plus forte que ce que tu crois, que ce qu’on a inscrit en toi. Alors essaye. Et vois où ça te mène 😉

 

A toi qui as peur de prendre ta vraie place: tu n’as pas à la prendre. Elle existe depuis que tu t’es incarnée, depuis que tes yeux se sont ouverts sur ce monde. Si tu ne veux pas de ta place, elle restera vacante, personne ne pourra la prendre car personne n’est toi.

N’aie pas peur de rayonner, de t’ancrer ici et maintenant, et de t’imposer comme une leadeuse. Le monde a BESOIN que les femmes prennent les rènes. On a vu comment le monde fonctionnait avec des hommes à sa tête, ça va, on a compris. On a essayé, on a bien vu la tournure des événements. Alors si tu ne veux pas prendre ta place pour toi, fais le pour le monde. Tu n’es pas ici par hasard. Le monde a besoin de toi, j’ai besoin de toi, tu as besoin de toi, de prendre cette place qui est la tienne.

 

L’envie qui m’a prise lorsque j’ai lu la réponse à cette question <3  (Marie)

Le monde de demain, dans un juste équilibre masculin- féminin, tu le veux comment ?

 Le monde de demain, dans ce juste équilibre masculin-féminin, je le veux… paisible.

Je suis très émue à l’instant. Je ne m’étais jamais posé cette question, comme si pour moi cet équilibre masculin-féminin ne pouvait exister que dans les rêves. Et là, dans mon esprit il vient de devenir possible, d’exister, et ce monde est vraiment merveilleux.

Je veux un monde d’écoute, d’entente, de respect. Un monde harmonieux. Un monde plus juste, où chacun serait estimé à sa juste valeur. Où chacun mettrait ses qualités au service des autres. Un monde où la sexualité retrouverait son aspect sacré. Pas dans le sens faire l’amour avec modération haha, mais faire l’amour dans un respect et un vrai amour de l’autre, de son corps, de ce qu’il est. Recevoir la nudité de l’autre comme un cadeau, et l’honorer.

Ce monde serait un monde où on vivrait nettement plus dans l’instant présent, dans la vérité, sans faux semblant, sans nécessité de paraitre. Ce sera un monde beaucoup plus authentique. Cet équilibre entre les hommes et les femmes permettra à chacun de trouver l’unité en lui-même. Et par conséquent le monde sera lui-même plus uni.

La Fée du Web

Exploratrice de la vie. J’accompagne les Femmes PotenCiellement Illimitées à vivre en suivant leur guidance & à dépasser leurs peurs pour apporter à leur existence plus de Joie et de Sens.

Comments (1)

  1. C’est magnifique cet article bravo !!!!!! J’ai adoré ce passage « A toi qui as peur de prendre ta vraie place: tu n’as pas à la prendre. Elle existe depuis que tu t’es incarnée » !!!! Merci pour ce beau partage plein d’émotion!!!

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